Entrevue avec une membre d’APC-Femmes-Afrique: maurifemme.fr, plateforme d’informations pour les femmes mauritaniennes
Fatma Mint Elkory est la présidente et également webmestre de NTIC & CITOYENNETE, une organisation non gouvernementale, apolitique, à but non-lucrative et qui existe depuis février 2001 en Mauritanie. Elle partage ici ses réalisations dans le domaine des technologies de l’information et de la communication (TIC).
Quelles sont les activités réalisées par votre organisation?
« Notre organisation œuvre dans le domaine des TIC pour favoriser leur appropriation par les différentes couches de la population mauritanienne. Les choses ont fait que le volet « genre » s’est développé au détriment des autres volets et objectifs de l’organisation non gouvernementale (ONG) et cela grâce au dynamisme et à la volonté de lutter contre la fracture numérique de genre » déclare Fatma Mint Elkory.
En outre, l’ONG NTIC & CITOYENNETE que Fatma dirige maintient un site internet depuis 2001, maurifemme.fr. Ce site internet, le premier de ce type, est un outil pour l'égalité dans la participation au développement, l'accès à l'information, au savoir et à la connaissance. Ce site internet est devenu « une véritable plateforme d’informations incontournable pour tout chercheur qui s’intéresse à la Mauritanie de manière générale et à la femme en particulier », affirme Fatma, initiatrice de ce projet.
Le site internet maurifemme.fr et son forum virtuel ont été sélectionnés parmi les meilleures pratiques TIC dans le monde arabe.
Quelle a été votre première expérience avec les TIC?
Fatma raconte : « J’ai découvert les TIC au cours d’un atelier de formation initié par l’Université de Nouakchott dans le cadre d’un programme de formation continue au profit de ses fonctionnaires. Cela a été un véritable coup de foudre pour moi. C’était en juillet 1999 ».
« Des vingt personnes ainsi formées à la conception de services en ligne, je suis la seule à avoir réalisé quelque chose à partir de ces connaissances : le site internet sur la femme mauritanienne dans sa diversité créé dès août 1999 et mis en ligne quelques mois après, en mars 2001, avec l’appui du système des Nations unies en Mauritanie pour son hébergement » poursuit-elle.
Quelle a été votre pire expérience avec les TIC?
Fatma explique : « ma pire expérience avec les TIC, c’était quand, au retour d’un atelier sur le sans-fil (Maroc : Ifrane, juillet 2006), je n’ai pas pu trouver l’occasion d’appliquer ce que j’avais appris et pratiqué durant neuf jours avec concentration et intérêt ».
Par contre, Fatma adopte un ton plus joyeux quand elle nous révèle sa meilleure expérience avec les TIC, soit « la mise en ligne du site internet maurifemme.fr. C’était autant heureux que l’arrivée de tous mes enfants au monde et il continue de me passionner comme eux, chaque jour de plus en plus. »
Comment utilisez-vous les TIC dans votre travail?
Elle utilise l’internet dans son travail professionnel quotidien, davantage pour son travail dans l’association et également dans sa vie privée.
Bien qu’étant convaincue des possibilités offertes par l’internet, elle s’intéresse également à la radio. En effet, déclare t-elle, « ma technologie favorite est l’internet, parce qu’il répond à ma personnalité et satisfait ma créativité et mon désir et mon souci d’informer. Je ne peux m’en passer plus de huit heures, au maximum. Je voudrais aussi faire de la radio. »
Abordant la question de l’impact les TIC pour le développement des femmes en Mauritanie, Fatma pense que « les femmes doivent exploiter ces technologies pour accéder à l’information mais aussi pour se donner de la visibilité et pour échanger et ce sont là deux moyens indispensables d’évolution et d’autonomie ».
Elle a même acquis une autonomie grâce à l’internet. Elle raconte « personnellement, je suis devenue consultante grâce à l’internet, j’ai été invitée et associée à plein de manifestations, concertations, formations, conférences, etc. grâce à l’internet et je suis actuellement assez connue dans mon pays, dans la sous région et même dans le monde, grâce encore une fois à l’internet mais aussi grâce à la radio et à la télévision. »
Que feriez-vous si vous étiez ministre de la communication en Mauritanie?
« Si j’avais cette responsabilité, j’aurais beaucoup impliqué les organisations de la société civile aussi bien dans l’élaboration que dans l’exécution de mes programmes et projets et les femmes, les jeunes, les handicapés et autres tranches vulnérables y auraient trouvé leur compte », nous a-t-elle confié.
Quels avantages tirez vous du réseau APC-Femmes-Afrique ?
« Nous avons adhéré à APC-Femmes-Afrique dans le cadre du réseau ouest africain « Regentic » (Genre et TIC) initié par l’organisation internationale ENDA (Sénégal) », nous explique t-elle. ENDA est une organisation membre d’APC.
Fatma affirme que le réseau l’a assistée de manière générale non seulement dans la formation mais surtout dans les échanges.
Les propos de cette entrevue ont été recueillis par Sylvie Niombo, co-coordonnatrice d’APC-Femmes-Afrique.