Interview avec une membre d’APC-Femmes-Afrique : « démystifier les TIC pour les femmes africaines »

By Sylvie Niombo

Gisèle Dovi, coordonnatrice de l’association Leadership pour l’Environnement et le Développement Durable, LEAD-Togo parle de son expérience avec les technologies de l’information et de la communication (TIC) au cours d’une entrevue réalisée par Sylvie Niombo. co-coordonnatrice d’APC-Femmes-Afrique.

Gisèle Dovi travaille par ailleurs pour le Centre international pour la fertilité des sols et le développement agricole, soit en abrégé, IFDC.
Elle s’occupe des questions transversales de Genre et de VIH/SIDA dans un projet qui a pour but d’accroître le commerce agricole grâce à l’utilisation des TIC. IFDC a son siège aux États-Unis mais est présent aussi en Europe, en Asie et en Afrique. Dans ce dernier continent, l’organisation est présente au Burkina Faso, au Bénin, au Mali et au Togo.

Parlez-nous de votre première expérience avec les TIC.

Gisèle Dovi : « Je crois que c’est depuis toujours si on doit parler de la radio et du téléphone. Mais avec les ordinateurs, cela remonte à une vingtaine d’années, quand j’avais commencé l’université. »

Sa pire expérience avec les TIC, Gisèle l’a vécue en 2005 « au moment des élections présidentielles au Togo, nous nous sommes vus coupés de toutes communication et information : radios privées et internationales, téléphone, internet. Désarmés et coupés de tout.»

Par ailleurs, Gisèle soutient qu’elle ne pourrait pas parler de meilleures expériences avec les TIC, car ce sont de petites sommes d’expériences qui lui font apprécier les TIC.
Comment utilisez-vous les TIC dans votre travail?

«La majorité de nos communications se passent par le biais de TIC : messagerie, messagerie instantanée et téléphonie - pour rapidement obtenir des informations de collègues qui se trouvent dans d’autres pays, avec nos partenaires, conférences, etc.»

Au sujet des outils technologiques favoris, elle cite en premier lieu l’internet. « Il permet de communiquer par écrit et oralement, de faire des recherches, etc. J’apprécie l’internet parce que c’est un véritable multimédia ».

En outre, elle affirme que les TIC permettent aux femmes africaines de devenir autonomes « en leur permettant par exemple de faire du commerce en ligne, sur internet ou par leur téléphone mobile; en leur donnant la possibilité de s’informer sur ce qui peut aider leur famille ; en leur permettant de pouvoir s’instruire à distance, et d’être plus compétitives dans leur travail.

Si vous étiez ministre de la communication dans votre pays, que feriez-vous?

Gisèle répond : « Je travaillerais à la mise en place d’une politique des TIC qui inclurait au maximum les femmes et qui leur permettrait d’avoir accès aux équipements - je veux dire à l’infrastructure à coût abordable. Je travaillerais à la démystification des TIC mais aussi pour que les femmes puissent comprendre que s’intéresser en général à la science et à la technologie, c’est une bonne chose et qu’il ni a pas besoin d’avoir peur de ces matières ».

Le réseau APC-Femmes-Afrique vous a t-il assisté de quelque manière que ce soit?

Gisèle Dovi, qui est membre de APC-Femmes-Afrique depuis deux ans, reconnaît que le réseau ne l’a pas encore aidé directement. Cependant, elle souligne, « le partage des membres d’APC-Femmes-Afrique m’aident à savoir ce qui se passe dans les différentes régions. Par ailleurs, les opportunités sont toujours intéressantes ».

Sylvie Niombo, qui a recueilli ces propos, est co-coordonnatrice d’APC-Femmes-Afrique.